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Wyatt Faëlia, champion de cité libre.

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Wyatt
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MessagePosté le: Mar 20 Avr - 05:04 (2010) Sujet du message: Wyatt Faëlia, champion de cité libre. Répondre en citant

Un petit RP de situation qui parle des premiers pas de Wyatt dans Gallendor, et sa rencontre avec sa guilde, voilou. Pour le gars derrière le gars, on aura le temps de se connaître HRP je suppose. Bonne lecture.



"Fast is fine, but accuracy is everything."

  


Chroniques d'un royaume
Chapitre premier: Avènement (<=click)
    


     Wyatt secoua  sa cape sur laquelle s'était accumulé une pénible rosée matinale, il s'ébroua, fit quelques assouplissements pour réveiller son corps encore endormi et partit nourrir son hongre. Il avait encore passé la nuit dehors, il faut dire que le travail ne manquait pas en ce moment et son seigneur  était du genre exigeant, et vu l’ambition de ce dernier ce n’était pas parti pour s’arranger dans un futur proche. Il s’autorisa un sourire et se dirigea vers le sommet de la colline au pied de laquelle il avait passé la nuit, pour profiter de la vue et du soleil matinal.

De là il distinguait RedCliff,  et sa citadelle perchée en haut d’un plateau aux falaises rouges qui lui avaient donnée son nom. La légende voudrait qu’elles fussent teintées carmin par le sang des ennemis morts à ses portes, la réalité comptée par un forgeron ivre était toutefois moins glorieuse. « Les falaises sont tellement riches en fer mon gars, pas étonnant  qu’elles rouillent » avait-il dit. Wyatt était du genre pratique et plutôt athée, cependant si légende il devait y avoir il comptait bien en faire partie d’une ou deux avant de mourir.  Même si son travail actuel était encore loin de figurer dans un quelconque ouvrage, il le savait, non, il était sûr qu’il était sur la bonne voie. Il dégaina, brandit son bras vers le ciel et hurla : «  J’en fais le serment aujourd’hui, pour RedCliff et Tristan de Vermont mon seigneur et ami, mon épée ne trouvera de repos que dans la tombe. S’il y’a bien quelqu’un là haut tu ferais bien d’être de mon coté ! ». La forêt endormie  salua sa tirade d’un royal silence, un aigle cria dans le lointain pour toute réponse. Satisfait de son  « effet », Wyatt rengaina et partit rejoindre sa monture ; des fumeroles commençaient à monter des forges de la ville, il était temps de se mettre au boulot.  Ouais, ils avaient intérêt à se lever tôt ceux qui pensaient pouvoir arrêter le « champion » de RedCliff fanfaronna t’il. De bonne humeur,  il enfourcha le destrier et le propulsa au petit trot dans la forêt à la recherche de ces bandes de gobelins qui terrorisaient les villageois à l’extérieure de l’enceinte du château. Les sens en alerte il laissa néanmoins son esprit remonter le fil du temps...


Il n’avait que treize ans lorsqu’il rencontra Tristan pour la première fois, ce dernier n’était que de deux ans son aîné et il ne leur fallut pas bien longtemps pour devenir les meilleurs amis du monde. Wyatt était le fils du maître d’armes aussi se retrouvaient-ils souvent dans la cour et les couloirs de la citadelle. Il ne sut que bien plus tard que Tristan était l’héritier légitime du trône de RedCliff. Il ne s’était jamais trop posé de questions sur la pléthore de gardes qui leur courraient après ni la horde de tuteurs que Tristan prenait un malin plaisir à esquiver. Deux ans plus tard cependant, Wyatt avait du se rendre à l’évidence, son compagnon d’aventure était bien de sang bleu,  pour quelles autres raisons lui aurait-il parlé d’un mariage arrangé aussi jeune et avait-il à maintes occasions détourné la conversation lorsque Wyatt posait des questions sur son père qu’il ne mentionnait jamais. En effet cette année là le seigneur de RedCliff tomba malade et il ne revit plus Tristan pendant des années. Peu de temps après l’accession de Tristan de Vermont au titre de Seigneur de RedCliff une missive parvint au vieux maître d’armes du château requérant que son fils ainé soit affecté à la garde royale.

Wyatt  et Tristan rattrapèrent le temps perdu. Il ne fallut pas longtemps aux habitants de la cité pour se rendre compte que leur nouveau seigneur dépasserait toutes leurs attentes et qu’il propulserait RedCliff parmi les grands royaumes de ce monde. Il fallut encore moins de temps à Tristan pour se rendre compte que son ami d’enfance était l’ébauche d’un guerrier  redoutable. Aussi entreprit-il de mettre tout en œuvre pour que leur légende naisse.  Il fit de Wyatt son premier chevalier et ne perdit pas de temps pour entamer la « renaissance » de RedCliff.  Le duo accomplit plus en quelques années que bien d’autres en un règne entier. De nouveaux édifices pointaient leurs toits aux dessus des murs de la citadelle jour après jour, les mines tournaient à plein régime et la population du bourg croissait exponentiellement. Wyatt quant à lui à force de services rendus ne passait plus inaperçu dans les rues de la ville ni à la cour bien qu’on avait plus de chance de le trouver attablé à une taverne qu’à un banquet.

« Viendra un jour où la gloire de cette cité attisera la convoitise des Dieux et de nos voisins Wyatt. Je compte sur toi pour faire honneur à RedCliff lorsque ce moment viendra. Trinquons ! »


Wyatt méditait sur les paroles de son ami alors qu’il suivait les traces encore fraîches d’un petit groupe de ce qu’il pensait être des gobelins en s’enfonçant dans la forêt.  Il n’était pas très versé sur la théologie aussi ne comprenait-il pas vraiment  ce que Tristan avait voulu dire en parlant des Dieux. Ce dont il était sûr c’est que, de ces derniers il n’avait eu aucun signe, qu’il faisait plus confiance à son épée, et qu’il faudrait bientôt à RedCliff des alliés de chair et de sang. Un mouvement dans le ciel attira son attention. De grands oiseaux tournaient en cercle au dessus de ce qui semblait être une clairière. « Des putains de vautours…Tu parles d’un signe ! » pensa t’il avant de presser  son cheval dans cette direction. Il sortit du couvert des arbres et fronça les sourcils en constatant qu’il s’agissait bien hélas du cadavre d’un homme. Un rapide examen lui apprit qu’il devait être mort depuis moins d’une journée et qu’il devait s’agir d’un messager ou d’un héraut d’une autre cité. Il fouilla le sac du défunt et constata avec satisfaction que ce qui avait tué l’homme n’attachait apparemment pas d’importance aux parchemins. Il prit celui qui avait le moins souffert et le déroula…    

C’est une histoire de femmes et d’hommes,
Jadis ennemis, désormais réunis.
Entre mythe et réalité, au-delà les rêves et vérités,
C’est une histoire qui vaut de l’Or …


    


Wyatt sourit et entreprit de revoir son jugement sur les signes divins et les vautours en rentrant au château pour porter le message à son souverain…    


____________________________    

_________________
"N'interrompez jamais un ennemi qui est en train de faire une erreur."
-N.Bonaparte-


Dernière édition par Wyatt le Jeu 22 Avr - 15:36 (2010); édité 1 fois
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MessagePosté le: Mar 20 Avr - 05:04 (2010) Sujet du message: Publicité

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Wyatt
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MessagePosté le: Jeu 22 Avr - 15:27 (2010) Sujet du message: Wyatt Faëlia, champion de cité libre. Répondre en citant

(Wyatt 10 ans après le premier texte donc. Avant dernier petit texte avant que je n'arrive à l'auberge.)

 Chapitre second: Lysergia
 A task both divine and destructive. 
Within Temptation - See Who I Am

 ______________
      
      

      
      
 Dix ans de cette vie ont suffit, à le changer en...
       
_______
            
      

"...trois murs d'enceinte sire, ainsi que plusieurs..."
Wyatt chevauchait au pas, à la tête de sa compagnie, écoutant d'une oreille distraite les rapports de son état-major et des ses éclaireurs. Son regard se perdit dans le lointain, contemplant l'horizon sereinement; il fit faire halte à sa monture, hocha brièvement de la tête, congédiant ses subalternes d'un geste maintenant familier. Son esprit compulsa rapidement les possibilités d'attaque, envisagea les pertes humaines, les risques d'embuscade, estima les gains, les dépenses en mana que ses mages de bataille allaient devoir utiliser pour abattre les défenses adverses tout en maintenant leur contrôle sur les créatures invoquées... Un exercice mental qu'il maitrisait à la perfection et qu'il pouvait  désormais réaliser tel un automatisme sinistre. Une mécanique huilée de sueur et de sang, qui ne laissait pas de place au doute, aux surprises et à l'erreur. Une horloge aux engrenages broyant les inconnues de tous les obstacles, un artefact capable de déclencher la foudre ou de l'absorber à travers lui; une machine de guerre...Voilà, ce qu'il était devenu.
Depuis que Tristan avait fait de lui le général de ses armées, Wyatt était aussi soudé aux cités de son royaume qu'il en était absent. Sa ville natale, il ne la voyait que peu, aux détours de ses expéditions. Ses retours n'eurent toujours qu'un seul point commun: ils étaient aussi rares que brefs. Wyatt avait abandonné tous liens, tous rêves, pour se consacrer à son armée, à ce à quoi il excellait, et à son Roi et ami. La complicité des adolescents s'était muée en une confiance aveugle, une empathie silencieuse que même des jumeaux auraient pu envier. Ils respectaient les responsabilités découlant des fonctions de l'autre, scellant leurs désirs de liberté loin, bien loin sous leurs épaules, vivants piliers du royaume.

-"Te souviens tu Wyatt...lorsque nous jouions dans les catacombes, lorsque-"
-"Je me souviens, je... Mes hommes m'attendent Tristan, nous repartons à l'aube pour l'Est, la Guilde a -"
Il l'arrêta d'un geste à travers lequel on pouvait lire regrets et remords. "Je sais tout cela mon ami, je sais... Reviens vivant."
-"Comme toujours mon frère, comme toujours." lâcha Wyatt en franchissant la porte, les poings serrés.


Ces années nomades, ponctuées de batailles, avaient endurci son corps, aiguisé son esprit, affuté ses sens, et noyé son âme sous une épaisse chape de devoirs et de sang-froid. Il n'était pas devenu de marbre, sa morale et sa raison n'avaient pas disparu, pas encore. La simple peur de les perdre le rassurait, autant qu'elle le privait parfois de sommeil. Il sublimait son art, sans cesse, sans relâche, pour ne pas penser à ce qu'il oubliait peu à peu, à cette partie de lui même qu'il étouffait. Son destrier et son épée vibraient à l'unisson de ses propres muscles; il leur commandait comme à des extensions de lui même, comme il commandaient à ses troupes: rapidement, précisément, sans aucune action superflue. Son père l'avait quitté peu après qu'il ne fête son 28ème printemps, mais pas avant lui avoir légué tout son héritage guerrier, sa maitrise de l'escrime et sa loyauté à la couronne. Jamais Wyatt n'avait manqué de participer aux combats; il se trouvait toujours parmi ses hommes, partageant leurs blessures, les guidant depuis l'enfer de la mêlée, ouvrant la voie de sa fureur méthodique, anticipant les mouvements des armées adverses comme les coups qui le visaient. Un inconnu l'aurait traité de fou pour oser prétendre lutter à armes égales contre des créatures abyssales, contre la magie des sorciers de guerre et la lame des non-vivants. Et pourtant...Pourtant c'était ce que Wyatt accomplissait, et lui même connaissait la fine ligne qui séparait les héros des inconscients, les braves des couards, les vivants des morts : la résignation, l'échec. Il ne jouait pas, ne risquait pas, ne pariait pas. Il savait, quand, où, qui, il était capable de vaincre. Sûr de ses gestes et de ses ordres, une fois résolu, il était indomptable. Son Roi et ses hommes ne pouvaient se permettre qu'il faillisse, et lui n'avait rien à perdre, rien.
Ses soldats le respectaient pour cela, et il respectait ses hommes pour être les meilleurs. Il les avait choisi lui même, négligeant les brutes assoiffées de sang pour des recrues promptes à obéir aux ordres à la lettre, sans travers vicieux, sans attaches, solides mentalement. Suffisamment forts pour une vie de meurtres, de marche et de services; suffisamment forts pour se battre contre et aux cotés d'horreurs de la nature; suffisamment forts pour ne pas s'enfuir devant le festin macabre d'un dragon ou le cadavre fumant d'un ami foudroyé par un mage; tout cela au nom de Tristan et à la voix de Wyatt.

Il reprit ses esprits alors que la fin de file de son armée le dépassait. Quelque chose de nouveau pourtant était apparu en lui il y a peu.; quelque chose de profondément bouleversant. Il sourit pour lui même. Grimace surprenante pour cet homme devenu "glacialement" cynique, que personne ne vit. Mélancolique, il projetta cette fois encore son esprit dans le fleuve de ses souvenirs, quelques mois auparavant...
            

_________________
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Dernière édition par Wyatt le Dim 25 Avr - 19:54 (2010); édité 9 fois
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MessagePosté le: Jeu 22 Avr - 15:32 (2010) Sujet du message: Wyatt Faëlia, champion de cité libre. Répondre en citant

Chapitre Troisième : Le Début de la Fin 

Morcheeba-Enjoy The Ride
   
________________

         
Sur le seuil...

________


         
  Quelques mois auparavant…

Wyatt  progressait à la tête de ses troupes, marchant au coté de son cheval,  le menant par la bride, autant pour économiser ses forces que pour se calquer au rythme des caravanes qui peinaient dans le sol du désert.  L’armée rentrait,  victorieuse, file gigantesque serpentant entre les dunes telle un ver géant dont on ne voyait pas le bout, noyé dans le nuage de poussière que la colonne de soldats soulevait. Il avait soif, il était fourbu,  le sable ne lui laissait aucun répit et son compagnon équidé commençait à renâcler.  Rien n’était jamais facile… pensa t-il. Après les hommes, leur fer et leur magie, il lui fallait braver les éléments, et pourquoi ? Pour toujours plus de sang, de ruines fumantes, de veuves hurlantes, d’orphelins,  de vengeance.  La dernière bataille avait été rude, l’adversaire désespéré au point de lancer des civils contre ses légions, auxquelles il avait appris le devoir et l’efficacité, mais pas la pitié, non, pas la pitié… Personne n’avait hésité, et il en était certain, personne n’avait aimé.

Il s’arrêta sur le bord de la piste.  Une boule de bile au bord des lèvres, il ne demandait qu’à s’écrouler à genou et vomir de tout son saoul, d’évacuer tout ce magma acide de doute et de panique qui menaçait de lui dévorer les entrailles. Il n’en fit rien, évidemment, jamais il ne se permettrait de faire montre de faiblesse devant ses hommes.  Il serra les poings,  et appuya sa tête contre le flanc de sa monture,  profitant de son ombre pour tenter de retrouver son calme et se cacher des regards.  Lorsqu’il sentit son vertige disparaître, il décrocha l’outre de sa selle et but quelques  gorgées d’eau atrocement chaude.  Il manqua s’étrangler quand sa bête lui assena un coup de museau inquisiteur dans la nuque pour lui signifier sa soif. « Ça vient !  T’as  oublié tes bonnes manières mon beau. Un peu plus et tu te retrouvais sans cavalier et à brouter de la rose des sables pour le reste de ta vie ! » .  Plaisanterie qui n’eut pour toute réponse qu’une nouvelle manifestation d’impatience.  Il  permit au « sale ingrat de canasson »  de s’abreuver enfin et entreprit de vérifier ses sangles de selle lorsqu’il se figea.

 Là, à la périphérie de son regard, il venait de se produire quelque chose.  Il l’avait senti, ressenti au travers tout son être, plutôt que simplement vu.  Un miroitement dans l’air, des colonnes, un malaise, un parfum, un souffle invisible qui l’avait percuté, à la fois enrobé et traversé.  Il en sentait encore les échos dans ses os, et sur sa peau. Et, une voix ?  Un chant ? Était-ce son nom qu’il avait entendu ?  Impossible, il n’y avait jamais rien eu à cet endroit. « J’ai perdu la raison…Ça y est. Oh Tristan, pardonnes moi, je crois que je suis las. » Murmura-t-il. Wyatt se détourna de son mirage, ferma furieusement les yeux et crispa sa mâchoire pour ne pas hurler de désespoir. Il ne devait pas faillir, il ne pouvait pas faillir. Il se détourna, remit son foulard sur ses yeux et recommença enfin à respirer calmement, lorsqu’il sentit qu’on l’attrapait littéralement par la peau du cou pour le projeter en arrière. Le monde tourbillonna, le paysage changea, et ses repères disparurent ; la tête renversée, tournée vers ciel, le corps suspendu en l’air, il lui sembla passer des heures avant que sa  chute ne s’achève. Et finalement, là où sa tête aurait du rencontrer le sable, elle heurta la pierre. Avant de perdre connaissance, il crut entendre pouffer, et voir un visage se pencher au dessus du sien…


   

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Dernière édition par Wyatt le Sam 1 Mai - 12:30 (2010); édité 2 fois
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MessagePosté le: Ven 30 Avr - 18:05 (2010) Sujet du message: Wyatt Faëlia, champion de cité libre. Répondre en citant

Bullet for my Valentine - Road to Nowhere   

___________

 
Les Portes de la Perception  
___________  
   
Wyatt  se releva  et passa sa main sur l’arrière de son crâne, tâtant le cuir chevelu qui s’ornait à présent d’une bosse conséquente. « Ouch, difficile de faire rêve plus réel  que celui-ci » pensa-t-il. Il ignorait combien de temps il était resté allongé là, dans les vapes, et il n’avait aucune idée d’où il se trouvait. Ce dont il était sûr cependant, c’est qu’il avait été amené ici, par quelqu’un ; quelqu’un qui n’avait pas pris la peine de se présenter,  mais qui n’avait pas non plus profité de son inconscience pour le tuer.  « Ici…Bon sang, mais où suis-je ?! » s’interrogea-t-il en détaillant le lieu où il avait « atterri ». L’endroit était baigné d’une lumière crépusculaire, figée, pétrifiante, qui nimbait toutes choses d’un voile nacré et irréel. Le paysage se noyait dans cette douce et inquiétante torpeur lunaire, coincé quelque part entre l’éveil et l’oubli. Les détails disparaissaient derrière ce filtre flou ; il ne sentait aucune exhalaison, n’entendait aucuns bruits.  Il aurait du humer l’odeur humide de la nature endormie,  voir les ombres se mouvoir mais il n’entendait que les battements de son cœur, assourdissants, rapides. Le désert avait laissé place aux limbes, à un immense jardin ; il distinguait ça et là des silhouettes  de statues aux formes indistinctes, des bustes ou des monstres,  des enchevêtrements de plantes grimpantes et des murs de haies à perte de vue. Une brume d’un gris spectral épousait le sol, elle aussi  immobile, étrangement insensible à ses propres mouvements. Wyatt se sentit soudain affreusement en danger,  perdu dans un labyrinthe, pris au piège.

Il demeurait seul et incapable face à ce à quoi il était confronté ; désarmé face à quelque chose que sa logique ne pouvait  calculer, anticiper, face à quelque chose que son bras ne pouvait pas atteindre.  Il était là, et pourtant ne ressentait que sa propre présence, avec  une dérangeante  clarté : la sueur qui perlait à son front, le frisson inquiet qui parcourait son épiderme,  les grains de sable dans son col, l’odeur tenace de son cheval sur sa tunique. Pris d’un brusque  réflexe de survie, il porta une main à sa bouche pour appeler sa monture et l’autre à la garde de sa longue épée. Les sifflements combinés de l’air entre ses doigts et de la lame contre le fourreau percèrent intensément le silence tels les cris d’une sinistre banshee ou d’une maléfique sirène, dernier avertissement avant la mort. Il sursauta  et ferma les yeux un bref instant, souhaita très fort se réveiller, en vain. Quand soudain Elle lui parla.
Jaillissant autour et en lui, cette voix impérieuse et calme, comme surnaturelle, et pourtant impatiente et féminine, murmura à l’oreille de Wyatt :

 
« Cesses donc de te débattre Wyatt Faëlia…  Cesses donc de tout affronter.  A l’image de ta vie passée, tu tourneras en rond ici tant que je le désire, tant que tu n’es  pas capable de Les ouvrir, tant que tu ne souhaites  que Les ignorer j’en serais la serrure. Le Choix est simple car il n’existe pas, les réponses sont toutes là, tu ne vois que les questions. 
 
 Je t’ai choisi pour te Guider, et pour te Perdre.»

Prisonnier… ?
Les épaules du guerrier s’affaissèrent, son bras s’abaissa et sa main lâcha son arme qui plongea dans l’océan de brouillard, sans un son, sans une ride à la surface.  Rien de tout cela ne paraissait réel. L’angoisse elle, l’était ; omniprésente et menaçante, monstre cavernicole qui se frayait un chemin dans ses tripes. Au bord d’une falaise, un pied dans le vide. Tout semblait prêt à s’enfoncer plus encore dans les songes, pourtant si près de la surface, incapable d’en crever le voile. Une nature immergée, vivante mais morte, impassible, figée dans un instant étranger au sien. Elle reposait là, tapie dans une tanière entre les mondes. Braquant ses grands yeux phosphorescents aux iris fauves  sur sa proie épuisée, immobile et attentive, prête à bondir.

Il sentait sa raison s’écouler, goutte à goutte,  au rythme de ses pas hésitants qui l’emmenaient au hasard du dédale végétal. Son esprit saignait, laissant un sillage de pensées vermeilles derrière lui, à l’attention du lieu affamé. Il n’osait plus se retourner, terrifié à l’idée de ne plus rien y voir, confirmant qu’il était bien seul et… fou ; confirmant qu’il tournait en rond. L’endroit le dissolvait, l’absorbait,  érodait son enveloppe et plantait ses canines acérées dans tout ce que Wyatt ne parvenait plus à retenir. Il sentait ses orteils heurter le cuir de ses bottes. Il sentait  son fourreau battre contre ses cuisses et la douleur acide dans ses muscles fourbus, lui rappelant qu’il marchait. Il sentait la moiteur  irritante de sa peau, la sueur qui perlait entre ses omoplates et le froid de la fatigue qui gagnait ses os, lui rappelant qu’il ne tiendrait plus longtemps. Il sentait le goût salé de ses larmes qui venaient douloureusement combler les ravins de ses lèvres desséchées et sa gorge nouée autour d’un sanglot, lui rappelant qu’il pleurait, qu’il était finalement libre… mais dans l’antichambre de la mort.

Alors Wyatt fit ce qu’il s’était interdit toute sa vie. Il se livra, il s’abandonna corps et âme. Las et vidé de tous ses fardeaux, il s’écroula. Il ne songea plus qu’à lui, à ce à quoi il s’était réduit, aux routes qu’il avait choisi d’ignorer, aux sentiments qu’il avait asphyxié. La colère, la rage, la haine qu’il ne s’autorisait jamais au combat comme ailleurs retrouvèrent leur place. La frustration de ne pas être lui-même, la rancœur envers sa tâche solitaire ; son besoin inextinguible de découverte, de reconnaissance et d’espoir ; la jouissance d’aimer et le plaisir égoïste d’être aimer : Il  les reçut comme autant d’assauts sur  ses remparts, comme autant de déferlantes sur la coque de son navire en perdition. Enfin, de sa prison de chair il s’évada et rêva d’une autre vie. Et, aux tréfonds de son âme, il Les entendit s’ouvrir pour lui.

Tel un sablier gigantesque que l’on retourne enfin, le temps reprit sa course et les perceptions de l’homme glissèrent et se mélangèrent autour de lui comme autant de paillettes de silice. Eblouissante explosion, vibrante exclamation, assourdissante symphonie, apothéose des sens acclamant l’union de tous les « ici et maintenant » pour n’en laisser plus qu’un unique, accouchant d’une fratrie de futurs où autrefois régnait le néant. Il embrassa cette épiphanie de tout son être et lui saisit la main, s’agrippant de toutes ses forces à cette révélation éthérée pour ne pas en perdre l’essence. Une main à la peau étonnamment douce…
Douce ?
 

_«  Vous me faites un peu mal à serrer si fort  » dit-elle d’une voix enjouée.

Il se tenait debout face à Elle, dépenaillé, le visage barré par les chemins clairs de ses larmes sur sa peau poussiéreuse. Il passa sa manche sur son visage, comme un enfant honteux épongeant ses pleurs, comme chassant d’un revers de main jusqu’à l’empreinte tatouée des barreaux défoncés de sa prison. Alors seulement il osa lâcher ces doigts délicats auxquels il s’accrochait, et posa les yeux sur celle qui l’avait amené ici, pour le noyer et le sauver. Elle se dressait devant lui, vivante incarnation, dangereusement humaine, incroyablement belle. Elle sourit face à son trouble, pencha légèrement la tête, espiègle, accueillant silencieusement l’examen auquel elle était sujette. Il la reconnut. Son cœur, mis à nu par son épreuve, dernier marin encore debout après cette tempête, chuta depuis la vigie dans des flots tièdes et azurés.

Elle était celle dont il rêvait, celle qu’il désirait et dont jamais il ne se souvenait. Elle était celle qui s’évaporait lorsque l’aurore le réveillait, celle dont le souvenir s’arrêtait quelque part au milieu des songes. Nichée au creux des vagues, Vénus onirique, apparaissant chaque nuit de l’union du vent crépusculaire et de l’onde qui trouve sa source dans les millions d’âmes endormies. Il refrénait péniblement son corps hurlant son désir pour cette femme qui avait bien failli le tuer. Sa peau d’albâtre, la sensuelle finesse de sa nuque et de ses épaules dénudées, le galbe parfait de ses seins tendaient avec insolence le tissu diaphane de sa robe. Tout, depuis la ceinture incrustée d’émeraudes qui soulignait les courbes voluptueuses de ses hanches et l’éclat de jade de ses yeux ; jusqu’à l’or chaleureux de ses cheveux, chatoyant écrin d’un visage angélique ; jusqu’au rose de quartz de ses lèvres gourmandes... Tout résonnait en lui. Il ne manquait aucune note, aucune harmonie à cette ode à la beauté.  Son cœur, métronome, battait la mesure de cette valse envoutante, jouée par le plus féminin des orchestres. Le temps d’un soupir, il s’imagina poser ses mains sur son corps, pour en épouser les formes et s’en repaître, s’abreuver à cette bouche entrouverte et s’enivrer du parfum de sa peau.

D’un simple murmure Elle rompit le silence.

_«  Et le désir réprimé peu à peu devint passif jusqu'à n'être plus que l'ombre du désir… »

Elle soupira puis lui dit en souriant.

_« Tu es désormais libre de le vivre à la Lumière, Wyatt Faëlia. »


Il ressentit, bien avant de le comprendre, qu’il était enfin entier, qu’il avait changé, qu’il n’était plus une machine vide de sens et de but, mais un homme, enfin, pour qui les Portes de la Perception s’étaient ouvertes. Il sut qu’il dédierait le reste de ses jours à cette mystérieuse gardienne, non parce qu’il le devait, mais pour une fois, parce qu’il le voulait. Comme répondant à sa résolution silencieuse, elle s’approcha de lui, jusqu’à ce qu’il puisse sentir son souffle caresser sa gorge. Elle posa une main sur son torse, se pencha en avant pour lui embrasser  la tempe et lui susurrer son nom à l’oreille. Alors, avant qu’il n’ait pu réagir, elle le propulsa violemment hors de sa demeure d’entre les mondes. 

Le baiser humide de sa monture le tira de l’inconscience. Le désert et son armée étaient de retour, et son épée plantée dans le sable affichait désormais des portes jumelles gravées à la base de sa lame.
  
 
  

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Dernière édition par Wyatt le Sam 1 Mai - 23:56 (2010); édité 6 fois
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MessagePosté le: Dim 2 Mai - 01:58 (2010) Sujet du message: Wyatt Faëlia, champion de cité libre. Répondre en citant

Et voilà pour la petite saga de Wyatt, qui finit mais continue ailleurs. On raconte qu'il marche maintenant sans son armée et qu'il parcourt le monde en parlant à son cheval et son épée ;p
Remerciements à la personne qui m'a conseillé, corrigé et inspiré sur certaines parties du texte.

Remarques, critiques, dédicaces tatouées, envoyez. S'il reste quelqu'un de vivant sur le forum =p

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MessagePosté le: Mar 4 Mai - 08:53 (2010) Sujet du message: Wyatt Faëlia, champion de cité libre. Répondre en citant


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MessagePosté le: Mar 4 Mai - 17:34 (2010) Sujet du message: Wyatt Faëlia, champion de cité libre. Répondre en citant

lol j'ai tué le dernier survivant :/
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MessagePosté le: Mar 4 Mai - 18:08 (2010) Sujet du message: Wyatt Faëlia, champion de cité libre. Répondre en citant

Non, mais maintenant je suis un mort vivant, alors je peux encore écrire, enfin temps que je ne suis pas complétement décomposé Wink

Sinon, je vais lire ce que tu as écrit quand même

[Edit: Lecture finie. Perso j'adore, tu décris super bien les lieux / personnages (je sais que moi j'ai du mal à le faire). Mais ça vaut presque le coup que ton histoire est son propre topic. En tout cas, si tu as envie d'écrire d'autres histoires, de Wyatt ou d'un autre perso, ce sera bienvenue]
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Ahyana B. Tijgerin
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MessagePosté le: Jeu 6 Mai - 00:15 (2010) Sujet du message: Wyatt Faëlia, champion de cité libre. Répondre en citant

C'est exactement kes ke je me tue à lui dire de puis un moment, de faire un post pour cette histoire !
Mais l'est têtu le bestiaux ! ^.^
Quoi qu'il en soit, Wyatt, merci pour ce superbe texte.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 01:36 (2018) Sujet du message: Wyatt Faëlia, champion de cité libre.

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